Devenir optimiste

Je viens de lire l’émouvante présentation de Reginald Braithwaite sur l’optimisme, le pessimisme, ce qui fait que nous sommes l’un ou l’autre, comment devenir optimiste, et comment l’appliquer dans notre collaboration pour rendre les autres optimistes eux aussi.


Merci à Frank Taillandier pour avoir glissé ce lien dans une discussion sur l’optimisation du cerveau.

La conférence est en anglais, aussi je me permets de faire un résumé en français de la théorie tirée du livre « L’optimisme acquis » :

  1. Nous pouvons juger qu’une remarque est personnelle ou impersonnelle (« ce que tu as fait n’est pas bien » vs « je n’aime pas ce que tu as fait« )
  2. Nous pouvons trouver qu’un échec ou succès est spécifique ou général (« sur ce coup, je me suis trompé » vs « je fais toujours ce genre d’erreur« )
  3. Nous pouvons juger qu’une tendance est temporaire ou permanente (« j’ai été ennuyé dans le métro ce jour-là » vs « je me fais toujours ennuyer dans le métro« )
  4. Les pessimistes trouvent que leurs échecs sont permanents, généralisés, et causés par eux-mêmes, alors que leurs réussites sont temporaires, spécifiques, et dues aux circonstances extérieures.
  5. A contrario, les optimistes trouvent que leurs échecs sont temporaires, spécifiques, et liés aux circonstances extérieures, alors que leurs réussites sont permanentes, généralisées, et viennent d’eux-mêmes.

Pour devenir optimiste, il faut donc se demander pour chaque échec ou réussite si elle est temporaire/permanente, spécifique/générale, et personnelle/impersonnelle, puis reformuler pour nous-mêmes selon la vision optimiste. À force, ça rentre.

Enfin, le conférencier préconise de formuler de manière optimiste critiques et réussites lorsqu’on s’adresse aux autres par oral ou par écrit, et de créer une règle de conduite dans ce sens qui permettra de rendre l’équipe bienveillante et optimiste.

À peine terminée ma lecture chaque idée ou souvenir qui me venait dégringolait joyeusement dans la moulinette temporaire/permanent-spécifique/général-personnel/impersonnel, et j’entrevois le potentiel énorme qu’a ce système de pensée sur mon fonctionnement mental.

Cela rejoint et complète d’ailleurs un nombre de préceptes que je suivais déjà lorsque je devais formuler une critique (sur une photo, un choix technique, une décision artistique, une demande ou contribution). Je n’avais pas conçu un système d’analyse aussi complet et complexe mais, inspiré par la communication non-violente, je prônais 2 phases pour chaque critique :

  1. Dire la conséquence objective qu’on imagine (« cette photo peut rendre mélancolique« , « ce changement risque de ralentir le chargement« , « cette demande n’est pas alignée avec les objectifs du projet« ). —C’est impersonnel et spécifique, dans le système du Dr Seligman.
  2. Proposer une reformulation, un autre moyen d’obtenir le résultat, en expliquant pourquoi cette autre approche devrait mieux fonctionner. Cela me semble permettre de guider la personne vers une solution qui sera acceptée, plutôt que de lui fermer la porte au nez, elle reste donc dans la dynamique de contribuer (inspiré en cela de l’expérience désagréable de Thomas).

Je n’ai pas encore de recul par rapport à cet automatisme mental et à ce qu’il permet, mais je lui donne sa chance ! Je compte bien l’appliquer aussi dans ma communication avec ma fille, car cela s’articule bien avec la communication non-violente (une technique que je tente d’appliquer dans tous les aspects de mon quotidien) et avec l’idée d’éducation positive.

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