Science-fiction : les auteurs qui ont changé ma vision du monde

Une enfance isolée, une mère bibliothécaire, le goût des histoires, je ne pouvais qu’aimer la lecture. J’ai rapidement attrapé le virus de la science-fiction, par amour du dépaysement. Mais loin du cliché, je crois que la SF nous offre, comme les animaux de La Fontaine ou les Lettres persanes de Montesquieu, un miroir pour mieux voir le monde.

Ursula Le Guin : sociologue, philosophe, et magicienne des mots

Ursula tisse un gigantesque univers de planètes et de peuples, plus dissemblables que les hommes de cette terre mais se débattant avec des concepts ô combien humains : sexisme, racisme, équilibre de la vie et de la mort, partage de la mémoire…

Les phrases suivantes sont tirées de The Other Wind et résonnent encore en moi, d’autant plus que j’ai récemment perdu une amie :

« I think, » Tehanu said in her soft, strange voice,  » that when I die, I can breathe back the breath that made me live. I can give back to the world all that I didn’t do. All that I might have been and couldn’t be. […] I can give them back to the world. To the lives that haven’t been lived yet. That will be my gift back to the world that gave me the life I did live, the love I loved, the breath I breathed. »

Qui pourrait se traduire par :

« Je crois, » murmura Tehanu de sa voix étrange et douce,  » qu’à ma mort je pourrai rendre au monde le souffle qui m’a donné la vie. Je pourrai redonner au monde tout ce que je n’ai pas réalisé. Tout ce que j’aurai pu être mais qui n’a pas eu lieu. […] Je pourrai les redonner au monde, les redonner en partage aux vies à venir. Cela sera mon présent, en échange de la vie qu’il m’a été donné de vivre, de l’amour que j’ai partagé, du souffle que j’ai reçu. »

William Gibson, la technologie comme forme de vie

A travers des livres comme Neuromancer, Count Zero, Mona lisa Overdrive, Gibson construit un univers ultra-réaliste, où les percées technologiques d’aujourd’hui ont déjà été absorbées et transformées par la population mondiale. La réalité rejoint peu à peu sa fiction : navettes orbitales grand public, omniprésence d’Internet, chaînes télé consacrées à un sujet ultra-restreint…

J’apprécie particulièrement le style ultra-concis, où un paragraphe entier d’explications est cristalisé dans les implications d’un terme particulier. On pourrait parler d’hypertextualité holographique, car le tout est réparti dans les parties de l’histoire, et son déroulement nous permet d’en découvrir peu à peu l’ensemble dans toute sa dimension.

Douglas Adams, comique par l’absurde

Son Guide du routard intergalactique est hilarant, et a été intégré à la culture internet et internationale (le babelfish d’Altavista, la réponse ultime, etc). Si vous comprenez l’anglais parlé, jetez-vous sur la version audio du guide, récitée par l’auteur en personne, c’est un pur régal.

Et la liste pourrait continuer longtemps :

Philip K. Dick, Jack Vance, A.E. Van Vogt, Tanith Lee…

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