Note : Ce billet était initialement publié sur le blog d’entreprise de ThinkInnovation, le 17 mars 2014. Le site ayant été supprimé, je me suis permis de le republier ici.
Dimanche dernier, une amie me disait qu’elle ne savait pas vraiment comment aborder la version mobile d’un site dont elle concevait les maquettes. Qu’à cela ne tienne, j’ai attrapé un feutre, quelques feuilles, et en 30 minutes nous avions non pas un mais deux wireframes : la version mobile, et une nouvelle version « desktop » pour la page d’accueil, reprenant la hiérarchie et les reformulations qui s’étaient révélées indispensables pour la version mobile. Je me suis soudain rendu compte que la conception m’était devenue naturelle.
Longtemps pourtant, je me présentais en tant que développeur tout en me reconnaissant dans l’image du mouton à 5 pattes. En effet, en plus du code, j’ai toujours été attiré par ce qui touche à l’expérience utilisateur : l’ergonomie, l’accessibilité, la prise en compte des performances et de la consultation sur smartphone ou tablettes. Mais cette étiquette de « Développeur » me gênait sans que je sache vraiment dire pourquoi.
La révélation m’est venu un jour en lisant « Le Design des objets du quotidien » de Donald Norman. Il y explique que les logiciels et sites web reflètent souvent la logique interne du code et de la base de données plutôt que les modèles mentaux des utilisateurs. Voilà, je tenais enfin la raison derrière ce que je constatais au quotidien : ce qui est simple à développer est souvent compliqué pour l’utilisateur. Combien de CMSs ou de boutiques en ligne qui génèrent des URLs basées sur un identifiant de base de données ? Combien de libellés ambigus, de processus inutilement complexes, de formulaires qui se vident si on a le malheur de mal remplir un champ ?
Je me suis donc formé en parallèle de mon travail de développeur en suivant le cursus Accessiweb, en dévorant des ouvrages traitant d’ergonomie, en intensifiant ma veille sur les performances et le mobile, et en pratiquant. Mon poste de l’époque ne permettant pas de mettre ces nouvelles connaissances et compétences en pratique, je les ai appliquées dans mes projets personnels et communautaires. C’est d’ailleurs grâce à Sud Web, un de ces projets, que je travaille aujourd’hui avec Sébastien [Desbenoit, mon collègue à ThinkInnovation]…
Et aujourd’hui, suivant les besoins et les phases des projets, j’interviens autant en tant que développeur ou que designer, pour mon plus grand bonheur ! Car le code ne peut s’écrire qu’une fois qu’on a une vision claire du design (je ne parle pas de graphisme mais bien de conception), et que développer une fonctionnalité prend tout son sens quand chaque décision a sa justification pour la cible.
En vérité je vous le dis : ne restez pas enfermés par un intitulé de diplôme ou de poste, lisez et pratiquez ce qui vous intéresse, et participez à des projets communautaires, vous avez tout à y gagner !